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Quand le lynx assiste le forestier

06. December 2016

Chevreuils, cerfs et chamois causent parfois des dégâts aux forêts. S’ils sont présents en trop grand nombre dans une région, ils entravent notamment son rajeunissement naturel. Or, le lynx et le loup peuvent aider à remédier à ce problème.

Rajeunissement menacé

Qu’ils poussent naturellement ou soient plantés par les garde-forestiers, les jeunes arbres sont indispensables pour la survie à long terme de la forêt. Mais ils n’ont pas toujours la vie facile, et ce pour diverses raisons. Au nombre des aléas qu’ils doivent affronter: les chevreuils, cerfs et autres chamois, qui les consomment avec délectation. Cet abroutissement est un problème en maints endroits. La situation a-t-elle évolué depuis que le lynx et le loup recolonisent les forêts suisses ? Quatre étudiants de bachelor en sciences forestières, Madlaina Gremlich, Christian Hüsler, Lea Imola et Miguel Zahner, ont rédigé un travail sur cette question.

Loup par-ci, lynx par-là

Ils ont observé deux régions des Alpes : le massif du Calanda, qui abrite une meute de loups depuis 2012, et l’ouest de l’Oberland bernois, habité par des lynx depuis environ 25 ans. Mais avant d’analyser les conséquences du retour des grands prédateurs, les étudiants se sont intéressés au fond du problème : l’effet du gibier sur le rajeunissement forestier. Son impact est incontesté, mais il n’est pas simple à quantifier, vu la multitude de facteurs impliqués – par exemple la composition de la forêt ou la nourriture à disposition du gibier. En outre, l’intensité de l’abroutissement peut varier considérablement à petite échelle. La situation est surtout critique dans de nombreuses forêts de montagne, où les peuplements d’épicéas ne rajeunissent plus sans une protection physique des jeunes plants, par exemple par des clôtures. Outre la littérature sur le sujet, ce sont surtout les entretiens avec des expertes et des experts qui ont livré des enseignements intéressants : des forestiers de terrain au chef du service de la chasse, en passant par des spécialistes du gibier.

Faible influence sur les effectifs

À eux seuls, le lynx et le loup ne sont en général pas en mesure de réduire les effectifs d’ongulés au point de faire baisser leur impact négatif sur le rajeunissement. Pour qu’un effet se fasse sentir, il faut l’action concomitante de maladies, d’un hiver rigoureux ou de la chasse. Or, les chasseurs tendent souvent à ménager le gibier lorsque des prédateurs sont présents sur leur territoire de chasse. Et les proies potentielles adaptent elles aussi leur comportement.

Réponse à la menace

Ces changements comportementaux, les chasseurs et forestiers des deux régions étudiées les ont bien observés. Ainsi, dans le Kandertal, les chamois se sont retirés au-dessus de la limite de la forêt, hors de portée du lynx. Dans le massif du Calanda, le gibier a également modifié ses habitudes : il se déplace davantage et les grands attroupements proches des sources de nourriture se sont raréfiés. D’où une diminution de l’abroutissement.

Conclusion: il n’est pas possible d’affirmer que la prédation par le loup ou le lynx exerce indirectement une influence positive sur le rajeunissement des forêts. Les séries de données à disposition sont encore insuffisantes, en particulier pour le loup. Mais les observations faites jusqu’ici dans les deux zones étudiées pointent dans cette direction.

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